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Premier extrait de la scène du galop d’Opérette de la première mise en scène française de Jacques Rosner, Théâtre de Chaillot, janvier 1970. Musique composée par Karel Trow.

« Nudité jeune à jamais, salut !
Salut, jeunesse à jamais nue !
Salut, jeunesse à jamais nue !
Nudité jeune à jamais, salut ! »

Opérette est la troisième pièce, et la toute dernière œuvre, de Witold Gombrowicz.

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Deuxième mise en scène d’"Opérette" par Jorge Lavelli, Théâtre de la Colline, Paris, 1989.


« Le théâtre est une chose perfide, il tente par sa concision : comme il est plus facile, à première vue, de parvenir au bout d’une pièce que d’un roman de je ne sais pas combien de pages ! Mais une fois qu’on s’est laissé entraîner dans les multiples pièges de cette forme répugnante - incommode, rigide, désuète - quand on sent son imagination écrasée sous le poids des gens qui sont sur scène, sous leur maladresse d’êtres « de chair et d’os » qui font craquer les planches du parquet... quand on se rend compte qu’il faut donner des ailes à cette pesanteur, la rendre signifiante, la transformer en conte, en art... alors, oui, les versions successives filent l’une après l’autre au panier et cette broutille de quelques actes investit des mois entiers de votre vie. »
Journal, 1966
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Małgorzata Kozuchowska dans le rôle d’Albertinette. Spectacle "Błądzenie" (Errances) de Jerzy Jarocki, Varsovie, 2004.

Witold Gombrowicz a travaillé sur Opérette pendant plus de quinze ans avant de parvenir à trouver sa forme définitive : la première fois en 1950-1951 (pendant ses heures de travail au Banco Polaco de Buenos Aires) et la seconde fois en 1958-1960 (à Tandil, en Argentine). Ces ébauches seront éditées en 1975 dans un livre intitulé L’Histoire (Opérette).


« J’ai ressorti alors mes brouillons d’“Opérette”, une pièce que j’avais commencée quand je travaillais encore à la banque - et que j’avais abandonnée - et avec laquelle j’avais lutté de nouveau à Tandil, et que j’avais encore une fois remise dans un tiroir... »
Testament. Entretiens avec Dominique de Roux

La troisième et dernière version de l’œuvre, commencée à Vence en décembre 1964 et terminée en août 1966 a été publiée pour la première fois en polonais dans le même volume que le Journal 1961-1966, à l’Institut littéraire (Kultura) Paris, 1966.

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Mise en scène de Christian Gagneron, musique d’Oscar Strasnoy, compagnie ARCAL, Reims, 2003.


« Au galop, au galop, au galop
Des sabots dans ma tête...
Le trot n’est rien, c’est le galop
Le galop seul qui me possède ! »

Second extrait de la scène du galop d’Opérette de la première mise en scène française de Jacques Rosner, Théâtre de Chaillot, janvier 1970. Musique composée par Karel Trow.

« J’ai toujours été ravi par la forme de l’opérette, une des plus heureuses, à mon avis, qu’ait produites le théâtre. Si l’opéra est quelque chose de gauche, d’irrémédiablement voué à la prétention, l’opérette, dans sa divine idiotie, sa céleste sclérose, prend des ailes grâce au chant, à la danse, au geste, au masque, et me paraît être le théâtre parfait, parfaitement théâtral. »
Opérette, Commentaire de Witold Gombrowicz
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La partition de Karel Trow pour la première mise en scène française par Jacques Rosner, Paris, 1970.


Witold Gombrowicz considérait son œuvre d’abord comme une pièce de théâtre, parodie de la forme de l’opérette et ne souhaitait pas joindre une partition musicale définitive.
C’est pourquoi les metteurs en scène ont la liberté d’utiliser la musique de leur choix, des airs traditionnels d’opérette ou alors des partitions originales commandées spécialement pour leur spectacle.

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Le rideau d’Andrzej Majewski pour la mise en scène de Kazimierz Dejmek, Essen, 1977.


« Que deviens-tu, “Opérette”, comment dois-je faire, quels moyens inventer pour faire sortir de tes sacs la voix de l’Histoire ?... L’Histoire qui bredouille, enfermée dans des sacs, c’est ainsi que je vois les choses pour le moment... Des tempêtes, des coups de tonnerre inattendus, ironiques, virulents et soudain des chants et des danses, qui tournent court. »
Journal, 1966


« Non, mais dites donc !
Qui me chatouille ?
Aïe, aïe, on me pinçouille !
Aïe, aïe, aïe
Mais c’est votre main !
Goujat, malotru !
Laissez-moi ! »

Mort en juillet 1969, Witold Gombrowicz n’a pas connu la gloire scénique d’Opérette : la première représentation de la pièce eut lieu en Italie au Teatro Stabile de L’Aquila dans une mise en scène d’ Antonio Calenda, en novembre de la même année.
En janvier 1970, Jacques Rosner - qui a pu consulter witold Gombrowicz sur Opérette quelques jours avant sa mort - a présenté son spectacle à Paris au Théâtre National Populaire au Palais de Chaillot.


En Pologne, la première d’Opérette eut lieu à Łódź en avril 1975, dans une mise en scène de Kazimierz Dejmek.

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L’affiche de Joanna Remus.


La première traduction d’Opérette en français a été réalisée par Constantin Jelenski et Geneviève Serreau et fut publiée aux éditions Denoël, coll. « Les Lettres nouvelles », Paris, 1969.