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« Peut-être que La Pornographie est le grand poème érotique moderne de la nation polonaise ? »

Voici la question que Witold Gombrowicz se pose à lui-même dans son Journal (1960), concernant son troisième roman, dont le titre est le plus provocateur de tous.
Dans Testament. Entretiens avec Dominique de Roux, Witold Gombrowicz renvoie à son inspiration : « La Pornographie renoue avec le débonnaire “roman champêtre polonais”. »

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Edition polonaise, éditions Świat Książki, 2006.


« “La Pornographie”. Deux messieurs d’un certain âge tiraillés vers le bas... vers la chair, les sens, la jeunesse... En écrivant ce livre je me sentais mal à l’aise. Mais le « physique » m’était nécessaire, indispensable même, comme contrepoids à la métaphysique. D’ailleurs la métaphysique appelle la chair. Je ne crois pas en une philosophie non érotique. Je ne fais pas confiance à la pensée quand elle se délivre du sexe. »
Journal, 1960


« Mais entre nous il n’y avait rien sauf l’indifférence, une hostilité froide ; il m’était étranger, il me répugnait ! Un chien, un cheval, une poule, même un asticot m’auraient inspiré plus de sympathie que cet homme déjà mûr, usé, portant inscrite sur son front toute l’histoire de sa vie - un homme mûr déteste les hommes mûrs ! »

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Dessin de Wiktor Sadowski.


En commençant la rédaction de La Pornographie, en 1955, au moment où il quitte son travail au Banco Polaco de Buenos Aires, Witold Gombrowicz est un écrivain confirmé.
Il est l’auteur de deux romans publiés : Ferdydurke et Trans-Atlantique et de deux pièces de théâtre : Yvonne, princesse de Bourgogne et Le Mariage, ainsi que d’un recueil de nouvelles Bakakaï.

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Édition espagnole, Seix Barral. Dessin de Roland Topor.

Le roman est terminé en 1958 et publié en juin 1960 par l’éditeur habituel de Witold Gombrowicz, l’Institut littéraire de Jerzy Giedroyc, à Maisons-Laffitte, près de Paris.
En Pologne, La Pornographie paraît officiellemenent pour la première fois en 1986 dans le volume IV des Œuvres complètes aux éditions Wydawnictwo Literackie de Cracovie.
Traduit en français par Georges Lisowski, le roman est publié en 1962, avec une préface de l’auteur, aux éditions Julliard, dans la prestigieuse collection « Les Lettres nouvelles », dirigée par Maurice Nadeau.
Certaines premières éditions étrangères portent le titre de « La Séduction » avec l’accord de Witold Gombrowicz. Par la suite, toutes les traductions ont retrouvé le titre original.

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Edition italienne.


Bien que la guerre et la résistance ne soient qu’un aspect secondaire du livre, le seul fait que Witold Gombrowicz touche à ce sujet, a affecté nombre de ses lecteurs polonais comme une double provocation : Witold Gombrowicz avait passé la guerre à l’abri en Argentine et son précédent livre Trans-Atlantique avait déjà été ressenti comme une atteinte au sentiment national. Malgré l’avertissement de l’auteur, le livre déclencha de furieuses polémiques.

« Le héros de ce roman, Frédéric, est un Christophe Colomb qui part à la découverte de terres inconnues. Que cherche-t-il ? Cette beauté nouvelle, précisément, cette poésie nouvelle dissimulée entre l’adulte et le jeune homme. C’est un poète d’une conscience pousée à l’extrême, du moins le voulais-je tel. Mais il est difficile de se comprendre, de nos jours ! Certains critiques ont vu en lui un Satan, ni plus ni moins, et d’autres, anglo-saxons surtout, se sont contentés d’une définition plus triviale : un voyeur. Mon Frédéric n’est ni Satan ni voyeur, il participe plutôt du metteur en scène, ou même du chimiste, en essayant d’obtenir par la combinaison des gens entre eux un nouvel alcool fait des charmes. »
Testament. Entretiens avec Dominique de Roux