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Virginité

Dziewictwo

 

« Comme la nature est merveilleuse puisque une chose comme la virginité peut encore exister dans cette vallée de larmes ! »

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Alina Czyzewska dans le monodrame "Virginité", mise en scène de Przemek Wisniewski, Teatr Kreatury, Gorzow, Pologne, 2002.


Ecrite en 1928, cette courte histoire est publié en 1933, dans le recueil de contes Mémoires du temps de l’immaturité (éd. Rój de Varsovie). Comme les autres textes de ce premier livre de Witold Gombrowicz, Virginité - Dziewictwo est reprise en 1957, dans un volume élargi titré Bakakaï (éd.WL de Cracovie).
A l’occasion de cette édition, Witold Gombrowicz a effectué de nombreuses coupes dans cette nouvelle.

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Alina Czyzewska dans le monodrame "Virginité", Teatr Kreatury, 2002.


Witold Gombrowicz avait rédigé la préface à l’édition de ses contes de 1933 qu’il n’a finalement pas publiée. On y trouve la présentation de chacun de sept textes du recueil :

« Dans “Virginité”, Paul (un type de puceau moyennement réussi) et l’inconsciente Alice rêvent, imaginent des choses, transforment sexuellement le monde entier et finissent, très médiocrement, par ronger des os devant la cuisine. De quoi s’agit-il, On ne la sait pas très bien. Peut-être que la nature leur joue des tours à cause de leur attitude trop pure face à la vie. Et puis, il est question aussi de la tentation que représente toujours une vie trouble, agitée - une pauvre fille, poussée par la faim, vole des petits pains, si bien que le commerçant lui jette une pierre. Alice qui, elle, a des petits pains à satiété, voit dans ce geste une caresse amoureuse, car elle souffre d’une autre faim : elle est affamée d’amour comme l’autre de petits pains. »
"Explication sommaire", Varia
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Episode de "Virginité", dans "Błądzenie" (Errance) de Jerzy Jarocki, Théâtre Narodowy, Varsovie, 2005.

« Si quelqu’un me disait que cette nouvelle est menée avec un certain flou, je n’irais pas le contredire. Elle a quelque chose de vague, d’imprécis, de diffus, il doit en émaner un parfum de printemps, de jeunesse, on doit percevoir un flux sous-jacent de pressentiment et de désirs. Si ce n’est pas le cas, alors elle ne vaut pas grand-chose.»
"Explication sommaire", Varia
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Edition catalane de "Virginité", 1970.


Extrait : 

La jupe, le chemisier, la petite ombrelle, le gazouillement, la sainte naïveté de l’instinct, tout cela est merveilleux,-mais ce n’est pas pour moi. En tant qu’homme, je ne puis ni ployer les épaules, ni m’exposer innocemment aux souillures. Au contraire, l’honneur, le courage, la dignité, le laconisme, voilà les attributs de la virginité masculine. Mais je dois conserver à l’égard du monde une certaine naïveté virile correspondant à la naïveté virginale. Jeter sur toute chose un regard clair. Je dois manger de la salade. La salade est plus virginale que le radis - qui saura pourquoi ? Peut-être parce qu’elle est plus amère. Mais pourtant le citron est moins virginal que le radis. Dans le camp masculin aussi, il y a des secrets merveilleux, scellés de sept sceaux : le drapeau, la mort sous le drapeau. Quoi encore ? C’est la foi qui est le grand mystère, la foi aveugle. L’athée est comme une femme publique dont chacun fait ce qu’il veut, le dois élever quelque chose à la hauteur de mon idéal, chérir, croire aveuglément quelque chose, être prêt à lui sacrifier ma vie. Mais quoi ? N’importe quoi, pourvu que j’aie un idéal. Moi, vierge virile que l’idéal soutient !