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Thèmes du Journal - Politique, communisme

 

 

« Le communisme est en effet une doctrine qui soumet l’homme à la collectivité, d’où l’on peut conclure que la meilleure façon de le combattre est de fortifier l’individu contre la masse. Et s’il n’est que trop clair que la politique, que la presse et la littérature « immédiate » qui visent, elles, à des résultats pratiques, tendent à créer avant tout une force collective susceptible de combattre les Soviets, bien différente est la mission de l’art véritable : ou bien cet art restera à jamais ce qu’il fut depuis le début de la création – voix de l’individu et expression de l’homme au singulier - ou bien il lui faudra mourir. Vus sous cet angle, une page de Montaigne, un poème de Verlaine, une phrase de Proust s’affirment autrement « anticommunistes » que toute la chorale d’accusateurs que vous formez. Cette page, ce poème, cette phrase sont libres, affranchis et, par là même, ils nous libèrent. »
Journal, 1953
« Je pourrais, contre le communisme, formuler des réserves d’ordre intellectuel. Sous bien des rapports cette philosophie n’arrive pas à me convaincre : en premier lieu parce que, pour moi, le communisme est bien moins un problème philosophique ou éthique qu’un problème technique. Vous me dîtes que, pour assurer le parfait fonctionnement de l’esprit, il faut satisfaire au préalable aux besoins du corps ? Qu’il faut donner à tous un minimum de bien-être ? Mais qui me garantit que votre système saura y parvenir ? Cette garantie, dois-je la chercher en Russie soviétique, pays qui jusqu’à ce jour n’arrive pas à se nourrir sans le travail de ses esclaves ? Ou bien dans vos raisonnements où il est question de tout, sauf de l’efficacité technique de votre système ? »
Journal, 1954
« Ma littérature doit rester ce qu’elle est : surtout ne pas jouer le jeu de la politique et ne pas se laisser utiliser par elle. Moi, je fais une seule politique : la mienne. Je suis un État à part. »
Journal, 1958
« Que peut-on exiger de ces naïfs, honnêtes et scrupuleux, qui « travaillent sur eux-mêmes », se perfectionnent, s’analysent, bâtissent leur moralité, tremblent devant leurs responsabilités et souffrent pour l’humanité entière, tous ces chercheurs, instituteurs, guides, juges, inspecteurs, ingénieurs spirituels, martyrs enfin, saints même, mais pas danseurs en tout cas, ni chanteurs... Un art qu’ils concoctent dans leurs laboratoires... que peut-on exiger d’œufs sur le plat, comme une omelette pourrait-elle résister à quoi que ce soit ?
Je ne pense pas ici à la lutte politique... À bas la politique ! Art sois tout simplement toi-même. Préserve ta propre nature, rien, de plus. »
Journal, 1961


« Je souhaite écrire en me tenant le plus loin possible de la politique. »


« Je suis prêt à parier n’importe quoi que ces souvenirs de Berlin vont tomber entre les pattes des journalistes ; que la politique va exécuter tout autour sa danse nègre ; que moi, artiste, je serai livré au journaliste, moi, homme, je serai jeté en pâture aux rédacteurs. Je deviendrai leur souffre-douleur, la proie des divers nationalismes, capitalismes, communismes et le diable sait quoi encore ! Je serai la victime d’idéologies qui se révèlent mythologies plutôt, et par-dessus le marché mythologies de papa, infantiles, séniles, sclérosées, bureaucratisées et juste bonnes à jeter aux poubelles. »
Journal, 1965