En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés à vos centres d’intérêts et réaliser des statistiques de visites

Mentions légales et conditions générales d'utilisation

All for Joomla All for Webmasters

Sidebar

Languages

Menu

assi

Meurtre avec préméditation

Zbrodnia z premedytacją

 

« Je déclarai gravement, les yeux dans le vide : Il y a ici quelque chose qui ne va pas. »

JPG - 26.6 ko
Sherlock Holmes et son créateur Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930). La première enquête du plus célèbre des détectives a paru en 1887.


Meurtre avec préméditation a été écrit en 1928, la même année que Le festin chez la comtesse Fritouille et Virginité. Le texte a été publié pour la première fois en 1933, dans le recueil Mémoires du temps de l’immaturité aux éditions Rój de Varsovie. Comme tous les contes de ce recueil, il a été repris en 1957, dans un volume élargi titré Bakakaï, publié par les éditions polonaises WL de Cracovie.

JPG - 12.6 ko
"Le festin avec préméditation", spectacle basé sur les deux contes de Gombrowicz, mise en scène de Piotr Warszawski, théâtre Korez, Katowice, 2003.


Parodie œdipienne d’une histoire policière, relatant une enquête sur un crime inexistant, ce récit prouve la fascination de Witold Gombrowicz pour la littérature populaire et son génie de jouer avec les formes les plus conventionnelles, en les détournant avec humour et ironie.

JPG - 41 ko
"Meutre avec préméditation", mise en scène de Rafal Sisicki, Club Le Madame, Varsovie, 2005.


Dans sa préface aux Mémoires du temps de l’immaturité, retirée finalement de la publication, Witold Gombrowicz présente le conte en ces termes :

«Meurtre avec préméditation” est déjà plus complexe. Le fils n’y a nullement assassiné son père. Le père n’a nullement été assassiné. Le fils n’étrangle le cadavre que lorsque le juge d’instruction le pousse à bout. Le juge ne cesse de forcer son rôle, mais la famille aussi, dans une certaine mesure. Il ne faut pas se laisser impressionner par le démonisme du juge et de son fils, car la nouvelle a plutôt un caractère intellectuel. Il s’agissait de montrer l’ambiguïté des sentiments et comment une situation artificielle et fausse révèle chez les hommes des choses affreuses qu’ils n’auraient même pas pu imaginer. (P.S. : La famille aimait réellement le père, mais tout le monde s’est enfermé à clef, pris de peur inconsciente et de honte devant la mort dont chacun pressentait l’approche. Il est très difficile d’expliquer lorsqu’on ne sait pas où réside l’obscurité.»
"Explication sommaire", Varia


Extrait : 

Toutefois, je m’approchai soudain du lit et touchai du doigt le cou. Ce geste insignifiant provoqua chez la veuve une réaction foudroyante. Elle eut un sursaut :
―Que faites-vous ? cria-t-elle. Que... que faites-vous ?
―Ne vous énervez donc pas ainsi, ma pauvre dame ! répondis-je, sur quoi je me mis sans autres cérémonies à examiner en détail le cou du défunt, puis l’ensemble de la pièce. Les cérémonies sont bonnes en leur temps, mais où irait-on si elles nous empêchaient d’effectuer un examen méthodique lorsque le besoin s’en fait sentir ! Hélas ! Toujours aucun indice, ni sur le corps ni sur la commode, ni derrière l’armoire, ni sur la descente de lit. La seule chose digne d’attention était un énorme cafard crevé. Cependant une certaine lueur apparut sur le visage de la veuve qui, immobile, me regardait opérer en manifestant une obscure frayeur. Je lui demandai alors avec le maximum de circonspection :
―Pourquoi, depuis une semaine, êtes-vous allée dormir dans la chambre de votre fille ?