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Extrait

 

« Quelque chose s’est détraqué entre moi et le monde.
Le monde m’a échappé.
Il ne m’aime pas, et moi je ne l’aime pas - une vague animosité »


WITOLD :
J’ai la parole. Vous ne pouvez me retirer la parole. Je vais parler car j’ai la parole. Attention, je parle ! Silence, je parle ! Taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous, je parle, je parle !
Et je vous dirai des choses très graves, mais
Que mes pieds nus accompagnent
Mes lèvres... Là, en bas
De ma personne, qu’il apparaisse, ce pied nu,
Et c’est pieds nus que je parlerai, pieds nus...
Oh, je comprends bien pourquoi
Si méchamment vous vous jouez de moi...
Chère petite Famille !
A voir mes pieds nus, vous vous croyez
Tout permis avec moi !
Si je n’étais pas pieds nus, si je n’étais pas déchaussé, si j’étais pareil aux autres garçons convenables, auriez-vous osé vous jouer ainsi de moi ?
C’est qu’il y a en moi un certain relâchement
Et c’est pourquoi tout devient en quelque sorte
Lourd et terriblement relâché. Tout devient arbitraire.
Tout devient possible... Tout, tout, est admissible...

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Fragment 18 : le jeune Witold apostrophe le maréchal Józef Piłsudski.


Mon Dieu ! Mon Dieu !... Mais ce mot « Dieu », dans ma bouche,
Associé à mon pied nu
Prend un air relâché !
J’ai remarqué depuis longtemps
Que le monde suit mes humeurs.
Naguère il m’arrivait d’être gai,
Alors le monde était d’une certaine façon plus gai.
Or, voici un moment déjà
Qu’en moi quelque chose s’est détraqué. C’est pourquoi
Le monde lui aussi rend un son faux, déplaisant,
Même ma famille.
Je suis responsable du monde.
Je suis le Seigneur du monde ! Ah, ne vous moquez pas de moi.
Je sais, je sais,
Je suis un morveux de dix-sept ans,
Je ne suis rien,
Je suis un chiot,
Ne me prenez pas au sérieux.
Moi-même je ne me prends pas au sérieux...


L’Histoire (Opérette), Fragment 12