En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés à vos centres d’intérêts et réaliser des statistiques de visites

Mentions légales et conditions générales d'utilisation

All for Joomla All for Webmasters

Sidebar

Languages

Menu

assi

Pampelan dans le porte-voix

Pampelan w tubie

 

« Non, pas “Monsieur”, pas “Monsieur”, mon fils ! Laisse-moi te toucher ! Pas “Monsieur”, pas “Monsieur” ! »

JPG - 5.1 ko
Tuer le père : le complexe d’Œdipe a marqué de sa symbolique certaines œuvres de jeunesse de Witold

La nouvelle Pampelan dans le porte-voix a été publiée pour la première fois en 1937, dans la revue Zwierciadło (Miroir), à Varsovie. Elle n’a été republiée qu’en 1973, quatre ans après la mort de l’écrivain, dans le volume Varia, par l’Institut littéraire « Kultura » de Paris, l’éditeur de Witold Gombrowicz en polonais.

JPG - 12 ko
Dès les années 1920, la radio devient un moyen de communication très populaire.


La famille Draga, la crème de l’aristocratie polonaise, vit un drame : l’un de ses rejetons, le minable Maciej junior n’est pas à la hauteur de la splendeur, gloire et honneur du nom. Son entrée dans le grand monde se fait à l’occasion du banquet où les invités et hôtes distingués communient, via la radio - le porte-voix ou la tube du titre -, dans la célébration de l’Histoire et de l’Héroïsme, incarnés par un ridicule et pompeux mariage royal. Maciej se ridiculise. Il est d’abord renié par ses proches, mais finit par devenir plus grandiose qu’eux lorsque, à son tour, il renie son père.

JPG - 11.4 ko
La fascination pour les familles royales et les cérémonies mondaines est amplifiée par la radio, le cinéma et la presse populaire. Les grands mariages célèbres des années 20-30 : Leopold et Astrid de Belgique, la princesse Ingrid et le prince Frederik de Norvège, le mariage du Duc de Gloucester.


Le nom inventé de « Pampelan » est un des nombreux jeux onomastiques dont Witold Gombrowicz aimait à agrémenter ses textes, le plus souvent pour accentuer leur trait grotesque. On peut chercher l’inspiration de cette invention, à la sonorité d’autant plus ridicule qu’appliqué au personnage qui se veut majestueux ; on peut y lire aussi la référence à la ville Pampelune, anciennement Pompelopolis, à l’instrument de musique nommé « pantaléon » ou le vêtement masculin qui désigne en polonais des pantalons inhabituellement larges.



Extrait : 

C’est précisément à cette époque que, dans un des pays limitrophes, on célébra les épousailles de Teresa Maria Adelaida, fille du roi, avec le célèbre héros national, le général Pampelan ; la nation atteignit à cette occasion une élévation d’esprit sans pareille et les gens attendaient depuis trois jours dans les rues pour jeter ne fût-ce qu’un coup d’œil sur la silhouette bien-aimée de ce grand personnage historique marchant à la tête du cortège. Jamais encore une union sexuelle privée n’a été ainsi portée sur les épaules de millions d’hommes, à de telles hauteurs, jamais moment historique ne fut plus historique dans ses conséquences universelles que celui-là, et le vieux général et comte Draga décida d’honorer ces noces grandioses, sans considération de la distance, par une réception de quarante couverts. Un poste de radio placé sur une petite colonne dans la salle à manger devait retransmettre le déroulement de la cérémonie, les invités porteraient des toasts aux moments adéquats et tout cela était conçu sur une grande échelle dans l’espace et le temps, eu égard à la radio et à l’histoire, avec cet élan horizontal que caractérisait depuis longtemps les Draga et leur avait toujours épargné les éruptions de boutons.