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Aventures

Przygody

 

« Combien le moi devient effrayant quand on le transfère dans un domaine qui lui est étranger, combien inhumain devient un homme utilisé comme sonde. »

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"Aventures" est un détournement du roman d’aventures du XIXe siècle, lectures typiques de l’enfance de Witold.

Ecrite en 1930, cette histoire est publiée en 1933, dans le recueil des contes Mémoires du temps de l’immaturité (éd. Rój de Varsovie). Comme les autres textes de ce livre qui fut le début littéraire de Witold Gombrowicz, le conte philosophique Aventures - Przygody est repris en 1957, dans un volume élargi titré Bakakaï (éd.WL de Cracovie).


Dans l’édition de 1933, ce conte était intitulé « Cinq minutes avant de s’endormir ». Witold Gombrowicz a changé le titre du titre à l’occasion la deuxième édition du recueil en 1957.

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Les récits maritimes de Joseph Conrad ont très tôt inspiré Witold Gombrowicz.


Dans son avertissement au lecteur, finalement retiré de l’édition de 1933, Witold Gombrowicz présente ce conte comme une suite des images qui le hantaient dans les années de jeunesse, au moment de s’endormir :

« Je relis toujours avec émotion cette histoire désespérée où des tortures affreuses, des persécutions, l’infini des océans, l’anxiété sexuelle de la jeunesse et le sentiment pénible de sa propre immaturité s’entrelacent en une couronne de supplices qui empêche le héros de jouir du bonheur en compagnie de sa bien-aimée, dans une grande montgolfière placide comme un éléphant. »
"Explication sommaire", Varia
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Publié en 1911, "Tarzan" mélange l’érotisme avec l’exotisme.


Dans Aventures, nous retrouvons deux allusions autobiographiques transformées en thèmes littéraires : celui de la peau et de la respiration. Dès son enfance, Witold Gombrowicz avait souffert d’une maladie de peau et des troubles respiratoires qui se transformèrent en asthme chronique, le mal qui finit par l’emporter.

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Le héros d’"Aventures" a des traits de Gulliver de Swift et de Robinson Crusoe de Defoe.


Extrait : 

Je menais pendant deux mois, sur cette île, une existence de singe en me cachant dans le creux des arbres, dans les fourrés ou sur le faîte des palmiers. Les monstres organisèrent une chasse en bonne et due forme. Rien ne pouvait les amuser davantage que la pudeur avec laquelle je fuyais leur contact. Ils s’embusquaient dans les taillis, s’élançaient à l’improviste, me pourchassaient avec des rugissements joyeux et lubriques, et j’aurais pu cent fois tomber dans leurs griffes s’il n’y avait pas eu leur « odor hircinus », la maladresse de leurs membres déformés et l’effroi désespérés qui multipliaient mes forces ; s’il n’y avait pas eu, surtout, ma peau, ma peau qui se convulsait sans trêve, ma peau sensibilisée, effarouchée, effrayée, torturée, saisie par une constante panique. Je ne fus plus autre chose que ma peau : je m’endormais et me réveillais avec elle, elle était la seule, elle était tout pour moi.