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Philippe Boesmans

« “Yvonne” est une pièce sur le désir et sur le dégoût et j’ai réfléchi longtemps sur leur rapport. Ils sont dans le même axe. Le dégoût n’est pas le contraire du désir, c’est le même trouble au fond.
Le trouble qu’engendre Yvonne est un trouble proche du désir. Si vous êtes dans un restaurant et qu’entre une personne affreusement mutilée, personne n’ose regarder mais tout le monde a « envie » de regarder, une sorte de panique s’installe ; quand une autre personne entre, superbement belle, c’est la même chose, tout le monde baisse le regard –il y a un désarroi ; le désarroi du dégoût et celui du désir sont de la même famille. […]
Dans “Yvonne”, une personne laide est choisie par le prince héritier et cet acte absurde va faire remonter dans tout un chacun le désordre profond qu’il a en lui. C’est un peu comme dans “Théorème” de Pasolini : une personne vient de l’extérieur et bouleverse tout. Ici, tout le monde est « entamé » par ce trouble, cette laideur, cette fascination bizarre. »
Philippe Boesmans, Ligne 8, journal de l’Opéra National de Paris, N° 23, 2009
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Ingmar Bergman met en scène "Yvonne, princesse de Bourgogne à Munich, 1980. Andrea-Maria Wildner dans le rôle d’Yvonne. Photos : Jean-Marie Bottequin.

Anna Fialkiewicz-Saignes

« Commençons par la fin. L’élimination du laideron qui clôt “Yvonne, princesse de Bourgogne” ressemble fort à la mise à mort du bouc émissaire qui chez René Girard permet la résolution de la crise au sein de la collectivité. Impossible, par exemple, de ne pas reconnaître une dimension sacrificielle dans ce dénouement qui prend place dans une fête, officiellement organisée en l’honneur d’Yvonne mais devant en réalité servir de cadre à son élimination. […]
Mais l’enjeu va au-delà d’un simple maquillage du crime. Le banquet est bien un avatar de la fête sacrificielle, elle-même répétition du lynchage, ce meurtre collectif initial qui, en canalisant la violence interhumaine, a permis à la communauté de se constituer. »
Anna Fialkiewicz-Saignes, « Witold Gombrowicz et René Girard » dans Gombrowicz, une gueule de Classique, ouvrage dirigé par Małgorzata Smorąg-Goldberg, Paris, 2008
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Stockholm, 1995 : La deuxième mise en scène d’« Yvonne » par Ingmar Bergman. Dans le rôle d’Yvonne : Nadja Weiss. Photos : Bengt Wanselius.