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Francesco M.Cataluccio :

« Les « cours de philosophie » sont la clé pour relire et comprendre toute l’œuvre narrative, théâtrale de Gombrowicz et, surtout, son « Journal ». La philosophie fut en effet sa grande passion, avec la musique. Le poète Czesław Miłosz rappelle que, à vrai dire, il n’aimait parler que de philosophie. Cette passion démesurée se manifestait déjà dans son enseignement : à Buenos Aires, en 1959, il donnait des cours sur Heidegger au Cercle des Amigos del Arte. »
La philosophie de Gombrowicz, préface aux éditions française et polonaise du Cours de philosophie en six heures un quart.
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Edition italienne, SE Editore, 1994. Image : Robert Rauschenberg.

Maria Swieczewska, élève de Witold Gombrowicz à Buenos Aires :

« Curieusement, Witold avait le trac avant le cours. Puis il se calmait en parlant. Au début, nous avons eu droit à quelques leçons sur les Grecs, ensuite il a poursuivi avec Descartes, puis Kant, Hegel, Schopenhauer, Heidegger, Sartre et, pour finir, Marx. Son but était surtout de montrer l’évolution de la philosophie vers la pensée moderne. Il n’avait sans doute pas des connaissances philosophiques énormes. Je me souviens qu’il prenait mes propres livres pour préparer ses cours ! Mais il avait le don de la synthèse et savait admirablement bien situer les idées dans la culture. On sentait que la philosophie faisait partie de sa vie.
C’était un véritable « maître » et non un « professeur ». Il était clair, rigoureux, excellent pédagogue. Nous attendions ses cours avec impatience. Je me souviens qu’il a consacré quatre cours à Kant. Il a réussi à nous faire saisir sa grandeur, la beauté de sa logique. Et, sous l’influence de ce cours, j’ai emporté Kant en vacances. »
Témoignage dans Gombrowicz en Argentine de Rita Gombrowicz

Michał Paweł Markowski :

« Gombrowicz mourant enseigne une philosophie d’une vie particulière qui ne ressemble à aucune autre. Il enseigne aussi que la douleur et la souffrance ne se situent pas du côté des choses ou d’une machinerie charnelle ; elles se trouvent liées au sujet, à ce Moi sensible qui ne pourra traverser ce qui l’attend que seul, sans aide de personne. Gombrowicz tient dans ses mains des feuillets jaunis du passé, mais il ne les regarde pas, il parle de mémoire. Mais vit-il alors dans le passé ? Je ne sais pas. Je doute. »
De l’école de Montaigne, préface de l’édition polonaise de 2006 du Cours de philosophie en six heures un quart