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« De vivre des déchets de votre cuisine.
Dans votre poubelle,
Sur vos ordures,
C’est là qu’est ma place... »

L’Histoire (Opérette) est la reconstitution d’une pièce de théâtre en trois actes à partir des deux premières versions d’Opérette, restées inachevées.

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Mariusz Bonaszewski dans le rôle de Gombrowicz dans le spectacle "Błądzenie" - "Errances" de Jerzy Jarocki, Varsovie, 2004. Photo : Stefan Okołowicz.


Jetant habituellement ses manuscrits dès qu’une œuvre était publiée, Witold Gombrowicz avait donc conservé les différentes versions d’Opérette rédigées dans les années 1950. Il les avait apportées dans ses bagages de retour en Europe, en 1963, dans l’intention de l’achever.
En 1966, il mit le point final à la troisième version – définitive - d’Opérette qui se révéla bien différente des deux premières versions.

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Affiche de Henryk Tomaszewski pour la mise en scène de Zbigniew Mich, Varsovie, 1983.


En 1976, Rita Gombrowicz confia l’ensemble des manuscrits des deux premières versions (plus de 300 pages) à Constantin Jelenski, ami et traducteur de Gombrowicz. Convaincu de l’intérêt de publier une partie de ces textes, il décida d’en présenter un choix de dix-huit fragments comme une pièce à l’état embryonnaire mais autonome.
C’est l’unique œuvre de Witold Gombrowicz dont nous possédons la genèse, dans toutes les étapes de sa création.


La première partie des fragments comporte soixante-dix-neuf pages manuscrites rédigées par Witold Gombrowicz entre juin 1950 et septembre 1951, pendant ses heures de travail au Banco Polaco de Buenos Aires, comme en témoigne le papier à en-tête sur lequel il a écrit.
La seconde version comporte plus de deux cents pages manuscrites écrites par Gombrowicz pendant ses séjours à Tandil en 1958-1960.
Pour présenter le texte et en faciliter la lecture, Jelenski a écrit un essai-commentaire qui figure dans toutes les éditions en guise de préface.


L’Histoire (Opérette) a été publiée pour la première fois en polonais dans la revue Kultura n°10/337, Paris, 1975.
Jelenski est aussi le co-traducteur, avec Geneviève Serreau, de la traduction française publiée en 1977.
Depuis, L’Histoire (Opérette) a intégré les volumes de Théâtre où le texte figure avec les trois autres drames de Gombrowicz.


« Tâche de ne pas défendre
Ce qui est,
Romps avec l’aujourd’hui,
Soumets-toi au devenir »

Bien qu’inachevée, L’Histoire (Opérette) a conquis le statut d’une œuvre à part entière. Elle permet d’analyser la gestation d’une œuvre de Witold Gombrowicz, les étapes consécutives de sa création qui ont abouti à la version finale d’Opérette.
Elle permet aussi d’approfondir la lecture autobiographique de toute son œuvre, analyser les rapports entre l’intime et l’Histoire qui y sont aussi prégnants.

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Witold (M. Bonaszewski) avec sa mère (Ewa Wisniewska), "Błądzenie" de J. Jarocki, Teatr Narodowy, Varsovie, 2004.


Dans sa préface à la première édition de L’Histoire (Opérette) préparée par ses soins, Constantin Jelenski donne une analyse du texte dont il décrit les parentés avec d’autres œuvres de Gombrowicz :


« Le thème caché de “L’Histoire (Opérette)” me paraît précisément la transformation d’une pathologie privée en une mission universelle (ce serait donc une pièce sur les sources et l’aboutissement de l’œuvre de Gombrowicz).
Nulle part ailleurs (même dans Trans-Atlantique), il n’est allé si loin dans la confession intime.[...]
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Dessin de Jan Lebenstein réalisé pour la première édition française.


Ce n’est qu’en 1967, seize ans après avoir écrit “L’Histoire”, que Witold Gombrowicz, déjà armé de son renom universel, indiquera, dans Testament. Entretiens avec Dominique de Roux, certains fondements secrets de son œuvre : « Moi, anormal, tordu, dégénéré, abominable et solitaire rasant les murs [...] d’où pouvait donc venir cette dissolution intérieure qui faisait de moi, garçon plutôt rieur, un disgracié ami de toutes les aberrations de l’existence ? » Ces « sources honteuses » sont le point de départ de “L’Histoire”. »
L’introduction de Constantin Jelenski pour L’Histoire (Opérette)